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Extrait d'un article du Plein Soleil

12 h 30, Café Cherrier, Nathalie relaxe un peu avant de reprendre son travail de secrétaire. Dans un peu moins d'une heure, elle retrouvera l'atmosphère feutrée de son bureau s'affairant à chercher des données sur son ordinateur, à rassurer un client au bout du filou à expliquer une procédure à un visiteur. Entre-temps, elle profite de son répit pour nous parler de l'événement qui a chambardé certaines de ses habitudes. Il y a quelques mois, le diabète l'a frappé.

Nathalie, comment as-tu réagi lorsqu'on t'a annoncé que tu avais le diabète?

Ma première réaction a été la surprise; la deuxième, je ne me suis pas aperçue tout de suite de la gravité de la situation; il faut dire que les gens en général connaissent très peu cette maladie. Quand j'ai constaté qu'il y avait plusieurs spécialistes qui venaient me voir à ma chambre d'hôpital, j'ai commencé à me rendre compte que c'était sérieux.

Durant cette période, j'ai passé par les "up and down". Parfois, je me sentais très forte pour assumer ce qu'il fallait faire; d'autres fois, je pleurais, je ne pouvais pas croire que ça m'arrivait, je me disais "Pourquoi ça m'arrive à moi?"

Avec le soutien de l'équipe des soignants et de ma famille, je ne me suis pas apitoyée sur mon sort très longtemps. J'ai décidé de canaliser mes énergies pour bien contrôler le diabète.


De quelle façon t'es-tu adaptée à ta nouvelle situation?

Au début, c'était une "obligation" de faire mes glycémies, mes injections d'insuline. Mais je sentais que je n'avais pas le choix; avec le temps, à mon insu, mon adaptation s'est faite. Ces habitudes font maintenant partie de ma vie de tous les jours. Ça ne veut pas dire que c'est facile tout le temps, mais dans l'ensemble, je suis assez satisfaite de moi-même.

Qu'est-ce qui t'as aidé à t'adapter?

L' information reçue sur la maladie. Au début, on peut comparer nos réactions à celles d'un enfant qui a peur dans le noir; il peut s'imaginer qu' il y a des monstres partout; il est rassuré lorsqu'on ouvre la lumière. Le Centre de jour pour diabétiques de I 'hôpital Notre-Dame a été pour moi cette sorte de lumière. En connaissant mieux la maladie, j'ai été rassurée, j'ai su quoi faire, j'ai donc pu utiliser mes énergies de façon constructive pour mieux vivre avec ma maladie. Ce qui rn' a beaucoup aidé aussi, c'est le soutien de mes parents et de mes amis.

Qu' est -ce qui est difficile dans ta vie de personne diabétique?

Le plus difficile, c'est l'inquiétude de savoir si je serai toujours capable de me payer tout ce qu'il me faut pour prendre soin de ma santé. Actuellement, je n'ai pas d'assurance et je sais qu'il n'y a aucune compagnie d'assurances qui va vouloir m'assurer pour les coûts des médicaments et des bandelettes. Je ne suis pas très riche et j' aimerais avoir de l'aide de l'État au même titre que d'autres personnes qui souffrent d'une maladie chronique.

Parmi les autres choses qui me dérangent, j'ai l'impression de me sentir un peu moins libre. Je dois planifier mes sorties, y penser d'avance. Je sens que j'ai perdu un peu de spontanéité.

Quelles sont tes priorités dans ta vie aujourd'hui?

Je planifie pour ma vie future; je vois loin malgré certaines limites de ma maladie. Par exemple, ça ne m'empêchera pas d'avoir des enfants. Je demeure entièrement disponible devant tout ce que la vie m'apporte. On ne doit pas s'empêcher de vivre de bons moments sous le prétexte qu'on a le diabète. Pour réussir cela, ce n'est pas lui qui doit nous contrôler, au contraire, c'est nous qui devons le contrôler. Quand on est bien contrôlé, on a canalisé nos énergies en fonction du bonheur, non de la révolte.

Comment pourrait-on conclure cet entretien, Nathalie?

Le diabète, c'est drôle à dire, ne m'a pas apporté seulement du négatif; ça m'a obligé à m'arrêter, à rétablir la concordance entre mon être et mon corps matériel. Mon corps a ses limites, c'est vrai, mais j' ai un grand respect pour lui; je suis maintenant plus à son écoute.

Pour finir, j' ai un message à livrer à tous les diabétiques: il est important d'être solidaire lors des campagnes de financement de l' Association du diabète du Québec. Par principe, demandez aux gens de votre entourage un petit quelque chose et vous serez surpris de la somme accumulée.

Après tout, ces dons serviront peut-être un jour à guérir cette maladie. Si on ne peut pas guérir pour le moment, il y a quand même des recherches qui se font sur différents aspects visant à aider les personnes diabétiques à mieux vivre avec cette maladie.

P .S.: Nathalie vous signale que son prochain objectif de santé est d'arrêter de fumer. À suivre.




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