
Le diabète non insulinodépendant (80 à 90% des diabétiques) survient en général après 40 ans, presque toujours associé à un excès de poids. Son mécanisme n' est pas le manque d' insuline ( du moins au début), mais la résistance du tissu (muscle, tissu adipeux, foie ) à l'action de l'insuline. Par l'augmentation de la sensibilité à l'insuline et l'aide à la perte de poids, l'exercice physique est un véritable traitement du diabète insulinodépendant: personne ne le conteste, la difficulté est "simplement" de passer aux actes.
Ce qui est moins connu, c'est l'effet de prévention de l'exercice physique sur la maladie diabétique. Cette prévention s'exerce à deux niveaux:
- soit en empêchant l'apparition du diabète: c'est
la prévention primalre;
- soit en améliorant son évolution et en freinant ses complications:
c'est la prévention secondaire et tertiaire.
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Aux USA, 6000 anciens de l'Université de Pennsylvanie ont répondu, à 14 ans d'intervalle à des questionnaires permettant de calculer leur activité physique quotidienne et de loisirs (sport, montée d'escalier, marche en ville...) Un certain nombre des sujets sont devenus diabétiques, et il a été établi que le risque d'apparition du diabète était relié au niveau d'exercice physique; on a calculé que pour une augmentation d'activité physique qui brûle 500 calories par semaine, le risque diminuait de 6%. Fait intéressant, cet effet de protection était particulièrement net pour les sujets "à risque" c'est-à-dire obèses, hypertendus, ou ayant dans leur famille d'autres cas de diabète.
Dans une autre étude, les mêmes auteurs ont montré
que cet effet s'accompagnait d'une réduction de la mortalité
par maladies cardiovasculaires. D'autres chercheurs en Grande-Bretagne rapportent
des résultats comparables: chez 8000 hommes de 40 à 59 ans,
la glycémie à jeun est relié au degré d'exercice
physique habituel: pour 100 diabétiques dans le groupe "sédentaire",
on n'en compte que 86 dans le groupe "sportifs occasionnels", et
62 dans le groupe "sportifs réguliers" (et ceci indépendamment
du poids, de la profession, de la consommation de tabac, des chiffres tensionnels
).
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Par une amélioration de la sensibilité à l'insuline, comme le montre indirectement l'étude de REGENSTEINER, basée sur le fait que la résistance à l'insuline s'accompagne d'une augmentation de la sécrétion et de la concentration sanguine d' insuline: on observe dans cette étude une relation inverse entre l'activité physique (évaluée par questionnaire) et l'insulinémie à jeun: c'est donc le mécanisme même de la constitution du diabète qui se trouve contrecarré par l'exercice physique.
La démonstration du lien entre activité physique et diabète non insulinodépendant se fait aussi en sens inverse: on connaît l' exemple de sociétés entières dans lesquelles le diabète a augmenté de façon spectaculaire, à l' occasion d'un changement profond de mode de vie: déséquilibre et excès de l'alimentation, suppression de l' activité physique traditionnelle par la sédentarité: ce sont les bienfaits de la civilisation!
L' exemple le plus connu (et le plus étudié) est celui des Indiens PIMA du sud-ouest des USA, chez qui l' incidence du diabète est la plus élevée du monde: plus de 50% des hommes, et plus de 75% des femmes au-delà de 50 ans! Des phénomènes comparables ont été observés un peu partout dans le monde: migrants japonais à Hawaii comparés aux habitants d'Hiroshima; ruraux migrant en ville à Porto-Rico, aux Iles Samoa et Fidji, à Taiwan, etc...
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Une fois le diabète installé, l'exercice physique est capable de le faire régresser, surtout bien sûr, s'il est associé à une ré-équilibration de l'alimentation.
Plusieurs démonstrations ont été apportées
notamment dans les populations indiennes américaines. Citons l' exemple
des Indiens ZUNI ( voisins des PIMA), chez qui un programme communautaire
d'entraînement physique a été organisé à
grande échelle: installation de centres de culture physique décentralisés,
animations permanentes, encouragement de la course à pieds par des
récompenses, des trophées, etc. Aide et encouragement à
l'amaigrissement: après 6 mois de participation, la proportion de diabétiques
équilibrés par le régime seul passe de 20 à 40%.
Conçu et réalisé par Pierre Roberge